Première sortie après confinement : embarqué par mon cheval !

"Mon cheval m'embarque". Cette phrase tourne en boucle dans votre tête, et vous ne pouvez pas l'arrêter. Lorsque vous repensez à ce qu'il s'est passé, vous ne comprenez toujours pas ce qui a déclenché la tragédie.

Le jour tant attendu était enfin arrivé !

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Cette balade, vous l'aviez rêvée, embellie, sublimée... Rajoutant à chaque fois encore plus de détails pour rendre l'histoire plus belle.

Dès la porte des écuries franchie, c'est ce que vous êtes allée faire en priorité : sortir en extérieur avec votre loulou. Retrouver les sensations imaginées pendant toutes ces semaines loin de lui.

C'était devenu votre raison de vivre, plus rien ne comptait que ce moment.

Lorsqu'il s'est enfin présenté, lorsque ça a été enfin possible : PATATRAS !


Le triste retour à la réalité s'est imposé à vous telle une relance de facture impayée.

Tout ce qui faisait votre fierté a fondu comme neige au soleil. Tout ce qui flattait votre ego est mort et bien enterré : Tornado a maintenant peur de tout...

Les vaches, les sacs plastiques, les tas de pneus sur le bord du sentier, les cyclistes qui dépassent sans prévenir...

Tout est prétexte à faire des écarts, à refuser d'avancer, à partir au galop sans prévenir, à chauffer, à embarquer...

Vous revenez de cette balade en sueur, tremblante, anéantie.

Deux mois de séparation ont quand même fait des dégâts.

Il va falloir du temps avant de retrouver les sensations et la complicité d'avant. 

Voire même repartir de zéro.

Désillusion post-confinement...

Ce que je dépeins là n'est pas sorti de mon imagination.

C'est à peu près ce que j'ai vécu lors de notre première sortie autorisée pour moi et mon cheval.

Je ne voulais faire qu'une simple balade au pas, le laisser brouter, sans autre objectif que de célébrer nos retrouvailles.

Un pur moment partagé de reconnexion silencieuse au milieu de la forêt.

Cela faisait un moment que j'y pensais, à cette sortie !

Je ne voulais pas le faire n'importe comment : les retrouvailles devaient être magiques et demandaient un peu de préparation.

J'ai donc attendu que la météo soit au top, et nous sommes partis, moi pleine de joie et mon cheval plein d'entrain.

Sauf que...

Deux mois sans sortir en extérieur, et il avait tout oublié, le loustic !

Il ne reconnaissait plus ses amis chiens à l'orée de la forêt, il sursautait chaque fois qu'un coureur solitaire surgissait derrière lui, ses copines les vaches étaient devenues de parfaites inconnues...

Par contre, il exprimait sa joie !

Une joie quelque peu explosive, "embarquante"...

Finies les réactions mesurées.

Adieu, les gestes canalisés.

Il ne me prévenait plus.

Il faisait ses bêtises tout seul.

J'ai compris ce que signifiait être un passager clandestin sur son cheval.

Ne reconnaissant plus ses réactions, ayant perdu les boutons pour le calmer, j'ai eu beaucoup de mal à rester sereine et relaxée. 

Mon calme était à mille lieues d'être celui d'un yogi en lévitation !!

1. pour bien se comprendre

L'objectif de cet article est de vous fournir quelques pistes de réflexion et d'action pour que le retour à la sérénité avec votre cheval soit effectif et rapide.

Il convient cependant de bien s'entendre sur le sens des termes utilisés pour être sûr de parler de la même chose.

Un cheval qui prend la main, qui embarque, qui s'emballe... pour moi n'a pas la même signification et les mêmes résultats en fonction des termes employés.

- Le cheval qui prend la main est celui qui décide de ne plus obéir et de dominer son cavalier. 

C'est une question de mauvaise éducation.

Le bénéfice apporté au cheval est le répit qu'il obtient lorsque, au départ violent, le cavalier est pris au dépourvu, et perd ses moyens et ses aides.

Souvent, les chevaux qui prennent la main sont des multirécidivistes.

En gardant le souvenir de ce confort passager qu'ils se sont attribué, ils vont chercher à le reproduire à chaque occasion qui se présente.

Le cavalier doit alors être très attentif à l'état psychique du cheval et à réagir en conséquence pour éviter d'en arriver au point de non retour que l'on cherche à éviter.

Ces réactions ne sont pas très dangereuses, pour peu que le cavalier sache tenir en selle correctement.

Le cheval finit par s'arrêter au bout d'un moment, sans se mettre en danger.

- Un cheval qui s'emballe, est fortement plus dangereux ! 

En tant que proie, le cheval est aux aguets de tout ce qui l'entoure.

Habitué à se méfier des prédateurs, il est hautement réactif à l'adrénaline secrétée par ces derniers lorsqu'ils sont en chasse.

Malheureusement, cette hormone, hormone de stress, est aussi sécrétée par le cavalier qui n'est pas sûr de lui et qui a peur.

Et il est raide, et il tire sur les rênes, et sa respiration est bloquée, et il serre les genoux... Tout cela est ressenti par le cheval et interprété par contagion, comme un danger imminent.

Sentant son cavalier crispé, il se met en mode alerte et déguerpit à la moindre occasion. Il ne réfléchit pas mais agit par instinct

Ce grand galop est son assurance-vie, sa façon de protéger sa vie d'un danger potentiel, même s'il ne sait pas lequel !

(du moins, c'est ce qu'il croit...)

Dans ce cas là, le cheval qui s'emballe est totalement affolé, déconnecté de son cavalier et de lui-même !

Il n'y a plus de contrôle ni sur le frein, ni sur la direction.

Il a perdu la tête.

Il peut aller jusqu'à s'écraser contre un mur, foncer contre un arbre, sauter dans un ravin...  

Là, le danger est grand.

2. les causes

les causes venant du cheval 

Il suffit d'un cheval naturellement chaud, qu'il prenne peur de quelques chose ou qu'il soit excité d'être de sortie avec d'autres chevaux pour que la situation puisse déraper à tout moment.

Les chevaux très chaud sont difficiles à concentrer.

Qu'ils soient seuls ou avec des copains, ils ont beaucoup d'occasions de regarder ce qui se passe autour d'eux et d'en profiter pour faire n'importe quoi.

les causes venant du cavalier 

La difficulté réside dans la facilité qu'ont les chevaux à ressentir les émotions du cavalier, même lorsque celui-ci ne les identifie pas lui-même.

L'animal a été éduqué pour voir son cavalier comme son dominant.

Mais si ce dernier ressent un mal être comme de la peur, ce peut être pour le cheval une occasion de prendre sa place et d'essayer de le dominer.

Il ne faut pas oublier que la peur, c'est normal.

C'est une chose qui se contrôle difficilement, car elle est liée à notre instinct de survie.

Elle échappe au raisonnement, surtout lorsque le cheval prend le contrôle et qu'on ne peut plus rien maîtriser. 

Elle paralyse et bloque le cerveau.

Appréhender une sortie en extérieur, est ressenti par votre cheval. Même si vous faites semblant de rien...

Et le cercle vicieux tant redouté s'installe : votre cheval sent que vous avez peur, il stresse à son tour et sursaute au premier bond de criquet sous son nez.

Vous êtes surpris par cette réaction qui n'est pas sans augmenter votre stress à vous, et votre cheval sent votre peur augmenter... et il amorce un départ au galop à la moindre brise qui lui chatouille les oreilles, et vous tendez les rênes, etc.

3. les remèdes

avant la crise 

Lorsqu'on sent que le cheval chauffe, plusieurs options s'offrent à nous pour que l'escalade retombe comme un soufflé au fromage démoulé trop tôt.

s'habituer à la vitesse : 

Un cavalier qui ne fait jamais de vitesse ne peut pas réagir sereinement à reprendre son cheval lorsque ça se produit.

Galoper parfois "à fond les ballons" parce qu'on le lui a demandé peut déjouer et dédramatiser la peur de se faire embarquer.

se relaxer soi-même :

Le fait de se détendre enverra au cheval un message apaisant.

Tenter de se dé-raidir, s'enfoncer dans le creux de sa selle, et respirer, respirer, respirer. Esquisser un début de sourire aurait même pour effet de détendre le reste du corps. 

C'est facile à dire !

J'avoue que lorsque ça m'est arrivé lors de cette première sortie, c'est la dernière chose à laquelle j'aurais pensé !

faire retomber la pression :

Se relaxer ne suffit pas ? Vite ! Choisir autre chose pour désamorcer la bombe !

-> lâcher les rênes et mettre au pas.

Rajouter un peu d'extension d'encolure. Beaucoup de chevaux se calment ainsi, mais cela demande un apprentissage.

Ils ne le feront pas d'office si cela n'est pas automatisé par plusieurs demandes exécutées dans le calme. 

-> lui changer les idées.

L'emmener sur un chemin qu'il ne connaît pas ou lui faire travailler de petits exercices de dressage (tout en gardant le mouvement en avant).

Toute son attention va alors se focaliser sur les demandes du cavalier. 

Cela a pour résultat de  faire oublier au cheval qu'il était inquiet de quelque chose.

Cependant, dans ce travail de diversion, il est nécessaire d'éviter de lui demander des transitions d'allures rapprochées, qui ont tendance à faire chauffer les chevaux. 

-> Rester connecté avec lui le plus possible dans le boulot, ne pas le lâcher d'une semelle.

Cette façon de faire peut être fatigante au début, mais ne laisse aucune porte ouverte à autre chose que le travail.

Le travail de deux pistes ou de rassembler peut être très intéressant.

Son centre de gravité repoussé vers l'arrière lui confère moins de possibilité de propulsion vers l'avant.

gestion de la crise

Je ne m'attarderai pas sur les solutions qui consistent à saucissonner le cheval avec des trucs et des machins dans la bouche ou ailleurs. 

Un cheval qui se sent enfermé chauffera quand même malgré ces instruments sensés le garder calme. Et il récoltera de la douleur en plus.

Il est toujours utile de connaître une solution de crise pour reprendre le contrôle de votre cheval lorsqu'il part en chaussette. 

Il faut toutefois avoir conscience de certains points importants :

-> Cela demande au cavalier de rester concentré et connecté avec son cheval.

Cette connexion est importante.

Elle permet de ressentir le moment où arrive la tempête, et être vif à réagir au dixième de seconde où on sent son cheval partir !

Et dans la demi-seconde suivante, il faut être capable de le féliciter et se relaxer.

-> Ce sont des actions violentes et ultra courtes de l'ordre de 1 à 2 secondes.

Il faut les exécuter dans les premières foulées du galop. 

Si vous agissez avant que le cheval ne se mette sur les épaules et prenne le mors aux dents elles seront ainsi plus faciles et auront plus de résultat.

Il aura encore une once de connexion avec vous et sera encore en mesure de vous obéir.

-> Ces solutions ne sont à utiliser qu'en cas d'urgence, et se justifient par le danger potentiel qu'il y a à se faire trimbaler par son cheval.

-> Elles ne sont en aucun cas éducatives.

A moins que la situation de crise soit votre quotidien ce qui m'étonnerait fort, il faut être conscient que l'on n'apprend rien à son cheval en agissant de la sorte.

-> NE JAMAIS TIRER AVEC LES DEUX RÊNES !

Ah, vous le savez ??

Moi aussi, mais ça ne m’empêche pas de le faire !

Dès que je suis en mode réflexe et que mon cerveau est bloqué par le sentiment d’urgence, c’est la première chose que je fais dans le quart de seconde où mon cheval bouge.

Et après je m’en veux, car j’ai fait la première chose que l’on nous dit de ne pas faire…

Certaines astuces sont répétées dans toutes les écuries et depuis plusieurs générations mais comportent aussi certaines contre indications qu'il faut connaître :

faire un grand cercle :

Certes, il est plus difficile pour le cheval d’avoir de l’impulsion et d’engager également le postérieur intérieur.

Quoique certains y arrivent encore, même sur des voltes ou des cercles encore plus petits. 

Cette méthode s’avère quand même constructive dans un espace qui offre la place pour effectuer cette manœuvre.

Si vous êtres dans les bois sur un chemin très balisé ou escarpé, il n’est pas certains que vous puissiez la mettre en œuvre.

Possible donc, sur une plage, déserte de préférence, ou dans un champ.

Deuxième précaution à prendre, le cercle doit être d’abord très grand puis se rétrécir ensuite en spirale d’escargot.

Ceci, évite au cheval de se faucher en s’emmêlant les pinceaux.

Certains conseillent d’amorcer la manœuvre lorsque les postérieurs sont en l’air pour éviter que le cheval se fauche.

Mais sincèrement, je ne suis pas persuadée que dans un tel contexte d’urgence, on ait les idées assez claires pour déterminer le moment où, plein gaz, notre cheval a les postérieurs en suspension dans les airs. 

mettre son cheval dans le vide :

C'est très efficace pour les réformés des courses, galopeurs ou trotteurs.

Oui, on peut aussi se faire embarquer au trot, et c’est tout aussi spectaculaire !

Ayant été éduqués à s’appuyer sur le mors pour prendre de la vitesse, ils perdent leurs moyens lorsqu’ils n’ont plus rien à quoi s’accrocher (s’appuyer).

Une précaution à prendre est de ne pas rendre les rênes de façon trop brutale.

J’ai entendu dire que certains chevaux s’étaient panachés pour cette raison. 

Cette solution pourrait sembler contre productive, car nous aurions bien envie de raccourcir nos rênes pour avoir une sensation de contrôle sur le cheval.

Pour lui ôter l’envie de tirer, de s’appuyer et de prendre la main, il suffit de ne pas tirer à votre tour.

Je suis sûre qu’on vous l’a répété à maintes reprises : il faut être deux pour tirer !!

Lorsque le cheval n’a plus d’appui, il va être pris au dépourvu et cesser d’accélérer, même amorcer un début de ralentissement.

C’est le moment de faire ce que vous avez toujours appris avec votre enseignant : prendre et rendre.

Reprendre le contrôle devient alors possible.

une bonne et longue montée :

Elle permet au cheval de lâcher son jus sans prendre trop de vitesse. Perspective plutôt sécurisante.

Si la montée est vraiment trèèèèès looooongue, vous pouvez même, en reprenant la main, lui demander de changer d’allure pour finir au pas.

Cela doit être de votre initiative. Il comprendra ainsi que c’est vous qui gérez le galop.

le demi-arrêt à la Rambo :

Pourquoi "à la Rambo" ? Lisez bien !

Elle consiste à bien s’équilibrer dans sa selle, ou même être debout sur ses étriers.

Une main (la moins forte) doit se raccourcir au maximum sur la rêne puis se caler sur le garrot du cheval. Le mieux est de prendre une poignée de crins.

L’autre main, la plus forte, agit par actions nettes, vives et saccadées, de bas en haut et vers l’arrière.

On agit fort, sèchement et on relâche.

Puis on recommence.

Plusieurs fois s’il le faut.

De cette façon, le nez du cheval se ramène en direction de son épaule.

Ses deux vertèbres cervicales (atlas et axis) vont plier et le gêner : on lui tord la nuque. 

Cet inconfort va l’arrêter.

Dès qu’il a cédé, on rend sur le champ, on félicite et caresse.

Attention : cette méthode est très violente, voire douloureuse.

Elle n’est à utiliser qu’en cas d’extrême urgence. 

Si vous avez à l’utiliser, cela doit vous interpeller.

Reprendre des séances de dressage pour rééduquer votre cheval seront nécessaires.

la technique dite "experte" :

Je l’ai déjà abordée dans la solution du grand cercle. Je la détaille plus précisément ici. Elle est faisable selon moi dans un environnement clos (carrière, manège…) et s’il n’y a pas de danger.

Cette technique est exprimée par Jean D’Orgeix pour faire ralentir un cheval lancé plein galop en manège (voir lien vidéo). Elle n’est pas spécifique aux chevaux qui embarquent. Sa conception est d’agir sur la tête du cheval pour relever son encolure, mains allant vers les épaules. Comme expliqué pour faire des cercles, mais à d’autres fins

la flexion latérale :

Sujet abordé surtout en équitation éthologique lorsque le chevaux sont en licol, il est impératif qu'ils apprennent à s'arrêter dans la légèreté (voir lien vidéo).

Il s’agit de le travailler à pied, puis à cheval, toujours une rêne à la fois, dans le calme et la légèreté. 

Ainsi éduqué, le cheval apprendra à ralentir et à donner sa tête à la moindre élévation de la rêne. Il reprendra plus facilement ses esprits avec le nez à la botte.

mettre des jambes :

Dans le même principe de « c’est moi qui gère le galop », si vous n’avez pas peur de la vitesse, dans le cas d’un environnement favorable, vous pouvez mettre des jambes !

Pousser votre cheval à accélérer afin de reprendre le contrôle.

Ce n’est plus lui qui vous embarque, mais vous qui le forcez à avancer.

Après un bon galop ainsi poussé, il est plus facile de demander au cheval de s’arrêter, et vous êtes resté en situation de contrôle.

la rêne "d'arrêt d'urgence" :

C'est la dernière technique dont je voudrais parler.

Elle se caractérise par une flexion d’encolure extrême qui ramène le nez du cheval à la botte du cavalier.

Elle a pour conséquence de tordre son rachis en même temps, ce qui est très désagréable pour le cheval. 

Cette flexion doit s’accompagner, impérativement d’un désengagement des postérieurs à la jambe isolée.

Un cheval plié ne peut accélérer.

Quoique certains arrivent tout de même à galoper rachis tordu, lorsqu’ils n’obéissent pas à la jambe...

Cette action ne se fait qu’avec un cheval déjà éduqué à cette manœuvre.

Lorsqu’il est bien éduqué, la demande est exécutée de façon quasi instinctive par le cheval, au poids des rênes et au souffle de la botte, dès le frémissement de volonté de prendre la main.

Un « formatage » du cheval est nécessaire pour que sa réponse soit un réflexe conditionné.

L’action de le « plier » désamorce toute tentative de déconnexion de son cavalier.

Attention cependant à ne pas demander trop souvent, pour quelque raison que ce soit. Le cheval, ennuyé, trouverait la parade pour se soustraire à cette demande trop fréquente.

Certains pour cela, envoient leur tête en direction opposée et continuent d’accélérer.

éducation ou rééducation

Il faut éviter que cela se reproduise. Se poser les bonnes questions, car la rééducation sera différente en fonction de l’origine du problème.

où, quand, comment le cheval embarque-t-il ?

En groupe ? Sur le chemin du retour ? Pour fuir un exercice ou une demande ?

quelle est sa nature, sa race, son caractère ?

A-t-il tendance à l’opposition et un caractère dominant ? Ou à l’inverse, un réflexe de fuite bien ancré et une personnalité plutôt soumise ? Est-ce un pur-sang ? Ou un demi-trait ?

quelles sont ses conditions de vie ?

-> Travaille-t-il assez ?

Certains chevaux ont besoin de beaucoup travailler pour être sereins. Faire des promenades en mode travail a tendance à calmer leur fougue.

En leur demandant de pousser, avec demande d’engagement des postérieurs, ils produisent un effort physique qui provoque la sécrétion d’endorphines.

Ces hormones ont une action calmante et relaxante.

-> Peut-il sortir en extérieur ? Sort-il souvent en extérieur ?

L’extérieur désensibilise à tout.

Ça ressemble au serpent qui se mord la queue : votre cheval vous embarque en extérieur, mais pour le calmer, il doit faire plus de sorties en extérieur…

Demandez à quelqu’un de confiance de vous accompagner, ou faites monter votre cheval par votre DP, par exemple…

-> Son travail est-il routinier ?

La routine endort la capacité de concentration du cheval. Il commence alors à s’intéresser à ce qu’il se passe autour de lui et peut prendre peur.

Varier le travail suscite sa curiosité et focalise son attention sur ce qu’il fait ou doit faire.

-> A-t-il été éduqué trop vite ?

Si certains points ont l’air mal acquis, voire pas du tout, il est bon de reprendre les bases.

Faire du travail à pied pose un cadre strict de travail, des limites, dans lesquelles le cheval peut s’épanouir, car il sait exactement où elles se situent.

-> A-t-il des contacts avec d’autres congénères ?

Si ces voisins de box ou de pâture sont ceux qui l’accompagnent, il y aura peu de place à l’excitation car ils sont habitués à être ensemble.

et du côté du physique ?

Quelle que soit l'origine de la douleur (harnachement – pieds – dents – estomac – ovaires – vertèbres…), elle peut être la cause de ce type de comportement.

Le cheval part en vrille pour avoir quelques minutes de répit et ressentir moins de gène.

Un problème de vision, par exemple, peut rendre un cheval peureux, et il peut partir au quart de tour à n’importe quel moment.

En cas de doute, si le problème est nouveau et qu’il tend à se reproduire régulièrement, il convient de faire le point à tous les niveaux : ostéo – véto – dentiste – maréchal – communicateur animalier (pourquoi pas!) …

quel est son passé ?

Entre le souvenir de mauvaises expériences qui le feraient réagir sans raison, ou les mauvaises habitudes, fouiller dans son passé peut aider à trouver des solutions, expliquer les pertes d’équilibre émotionnel.

Quant aux mauvais souvenirs, ils provoquent la perte du mental du cheval. Il ne réagit plus que par instinct, avec les conséquences que l’on connaît !

Il y a dans nos écuries un magnifique cheval Camargue nommé Ulysse. Il est connu comme « le cheval de P... ».

Elle en était la propriétaire et l’a revendu aux écuries lorsqu’elle est partie faire ses études.

On sait tous que ses réactions sont des vilaines manières d’enfant gâté, car elle lui laissait tout faire. 

Même s’il a été bien repris depuis, il lui arrive encore d’exprimer quelques caprices, de tester les limites…

quelle est son alimentation ?

Si elle est trop riche ou trop sucrée, le cheval doit bouger pour canaliser, diffuser son énergie.

question cruciale : et si cela venait de vous ?

On l’a déjà dit : le cheval est une éponge émotionnelle.

De par son statut de proie dans la nature, il se sent en danger dès que le congénère ou la personne qui le côtoie est stressé.  Il répond par la même émotion. 

Si vous êtes dans ce cas, plein de stress ou d’appréhension à l’idée de sortir ou sauter ou faire un exercice exigeant, le cheval vous considère alors de deux façons :

- s’il vous connaît, il vous fait confiance. Vous êtes alors un « lanceur d’alerte » qui réagit à une menace proche et dont il faut tenir compte.

- s’il ne vous connaît pas, vous êtes alors un prédateur dont le niveau d’adrénaline traduit l’excitation de passer à l’attaque.

Dans les deux cas, il sera sur ses gardes.

Pour palier à cela, vous pouvez :

travailler sur la connaissance générale des chevaux et leurs réactions instinctives :

Connaître et comprendre leurs réactions vous rendra plus confiant

De cette façon, vous développerez les qualités pour maîtriser le cheval et en faire un collaborateur épanoui.

Il s’établira une relation se confiance, de dominance (je n’ai pas dit de domination, hein !) vous deviendrez son leader. 

Vous comprendrez le pourquoi de ces réactions et vous saurez comment réagir. 

Lorsque vous êtes le leader de votre cheval, celui-ci sait que vous maîtrisez parfaitement toute situation. 

Vous avez endossé le rôle de chef de harde, et en tant que tel, le cheval comprend qu’il peut vous faire entièrement confiance.

La position de leader est une question de savoir-être

Cela demande d’avoir confiance en soi, de savoir s’affirmer, de maîtriser ses émotions.

Il faut le faire vraiment, et ne pas juste faire comme si… Il est impossible de mentir à un cheval.

Il est à l’affût de toutes les micro-informations que vous émettez, et sait parfaitement lire le langage corporel que vous exprimez inconsciemment.

Et s’il perçoit une incongruité, une dysharmonie entre ce que vous montrez et l’état que vous ressentez au fond de vous, il ne sera pas rassuré.

C’est ce qui met les chevaux en panique car vous reproduisez ainsi exactement le comportement du prédateur calme et détendu en apparence mais tendu comme la corde d’un arc à l’intérieur, prêt à bondir sur sa victime.

C’est lorsque vous êtes en harmonie avec vous-même, que vous obtenez le respect et la confiance du cheval.

faire un travail sur soi pour se calmer, se déstresser :

-> apprendre à respirer avec le ventre

La respiration ventrale a pour effet de détendre notre diaphragme, situé sous nos côtes. 

Cela a un effet décontractant sur le corps entier

Les profondes respirations que cela engendre le ramollit, relâche nos épaules et nos jambes.

Le cheval, extrêmement sensible à ces minuscules changements, va se détendre lui aussi. Il sera plus posé s’il sent les amples respirations de son cavalier.

Ainsi détendu, votre cerveau sera mieux oxygéné : vous garderez les idées claires et la tête froide en cas de pépin. 

Si en plus vous parlez à votre cheval dans cet état de zénitude intérieure, votre ton de voix le traduira aussi.

Votre voix sera grave, tels les grognements de la jument à son poulain, rassurante, calme et douce.

Elle aura pour effet de calmer aussi votre cheval.

-> visualiser l'expérience que vous voulez vivre avec votre cheval

Avoir des images mentales, se faire un film de ce que vous voulez vivre et ressentir prépare votre cerveau et focalise votre attention sur des sensations positives. 

Pas de place pour le doute et l’appréhension.

Ainsi préparé, votre cerveau SAIT que ça va bien se passer, et cette certitude se diffuse autour de vous et rassure le cheval.

Vous pouvez visualiser (imaginer) être une plume qui se laisse aller au gré du vent ou une anémone de mer, doucement bercée par le flux du courant au fond de l’océan.Toute image de sérénité et de paix est valable.

Ces images apaisantes ont également un effet sur votre état d’esprit.

->Travailler sur la confiance en soi

Tout d'abord, lire l'article que j'ai écrit sur le sujet !

Être en confiance, avoir un comportement rassurant, être déterminé, donne confiance au cheval.

Ce travail peut aussi se faire avec un coach psychologue du sport ou un préparateur mental. Ce n’est pas que pour les athlètes de haut niveau !

Pensez à vous observer lorsque vous vivez des expériences avec votre cheval. Demandez-vous si vous vous feriez confiance, à sa place, si vous dégagez un sentiment de sécurité.

C’est ainsi que je me suis sentie un jour, après avoir croisé un groupe de cyclistes peu respectueux, qui déboulaient d’un virage sur la piste équestre où nous nous trouvions.

J’ai réussi à calmer immédiatement mon cheval qui amorçait un départ au galop, effrayé par ces trucs qui arrivaient à grande vitesse de nulle part, derrière lui.

Je sentais au fond de moi ce que je dégageais, et j’essaye de reproduire cette sensation dès que j’en ai besoin : à ce moment-là, j’aurais été capable de me battre, de tuer, pour protéger mon cheval.

Une force et une détermination animale émanait de moi.

C’est ce qu’il a senti, et ça l’a calmé dans la seconde !

Heureusement que je n’ai pas eu à en arriver à cette extrémité, mais je m’en sentais capable !

S'il faut considérer un aspect positif dans cette période de confinement, c'est celle-ci : cela a mis en évidence les insuffisances de notre relation cavalier / cheval.

Ou nous n 'étions pas assez confiants par nous-mêmes, ou notre cheval n'était pas parfaitement éduqué sur certains aspects.

Cette épreuve d'éloignement a mis en lumière les points sur lesquels le travail était imparfait ou inachevé.

Cet article reprend quelques conseils, quelques pistes de réflexion, mais ce n'est qu'une amorce, le sommet de l'iceberg.

Choisissez ce qui résonne le mieux pour vous, qui semble le plus adapté à votre situation et FONCEZ !!

Ne laissez pas un petit incident mineur remettre en question votre expérience équestre et votre relation avec cet être merveilleux qu'est le cheval.

N'hésitez pas à commenter ci-dessous pour partager ce que vous avez mis en place comme solution et si cela a fonctionné.

Votre partage d'expérience sera utile à toute la communauté !

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